Comment choisir un trépied ?

La charge maximale acceptable

Le premier critère et la chose la plus importante à prendre en compte quand on choisit un trépied, c’est la charge maximale acceptable.
C’est-à-dire que, un trépied donné, il va pouvoir supporter tant de kilos de matériel. Donc il faut voir selon ce que vous utilisez quel trépied utiliser.
Si vous avez un petit hybride avec un petit objectif qui pèse 500 grammes, un trépied qui peut supporter 1,5 kilo, c’est plus que suffisant.
À l’inverse, si vous avez un reflex plus un objectif qui pèse 1,4 kilo et que le trépied peut supporter 1,5 kilo, je vous conseille de voir plus large que ça.
D’une parce que votre matériel va sûrement évoluer et peut-être s’alourdir à l’avenir, donc il vaut mieux prévoir tout de suite plutôt que de devoir acheter un trépied par la suite, c’est quand même mieux.
Et puis, surtout, qui peut le plus peut le moins, donc si votre trépied peut supporter 2,5 kilos, il supportera de manière plus stable 1,5 kilo que 2,4 kilos, on va dire.
Forcément, plus c’est léger et plus le trépied peut supporter par rapport à ce poids-là, mieux c’est.

Donc prévoyez toujours un petit peu plus large que le poids de votre matériel. Comptez toujours votre appareil plus votre objectif le plus lourd. Parce que même si vous pensez que vous allez utiliser votre trépied qu’avec votre grand-angle qui pèse 300 grammes, peut-être qu’un jour vous allez avoir envie de l’utiliser avec votre téléobjectif qui pèse 1 kilo et, là, vous serez peut-être un petit peu embêté s’il ne tient pas le poids ou, en tout cas, s’il n’est pas stable.

La hauteur

Sa hauteur maximale, d’abord. Il y a deux “hauteurs maximum”, en général le trépied a trois jambes qui peuvent se déplier jusqu’à un maximum, ce qui donne sa hauteur maximum sans la colonne centrale, et il a encore une colonne centrale qui peut se redresser en plus. Ce qui lui permet de gagner en hauteur, mais qui perd un peu en stabilité, donc c’est un inconvénient.
En gros, si vous avez besoin de beaucoup de stabilité, évitez de monter la colonne centrale au maximum, ne la montez que si vous avez monté absolument tout le trépied.

Donc cette hauteur-là, évidemment, si vous voulez photographier à la hauteur de votre œil, vous voyez quelque chose que vous voulez photographier à cette hauteur-là, si le trépied est plus bas, vous ne pourrez pas.

Le problème, c’est que, si comme moi vous êtes grand, c’est un petit peu compliqué de trouver un trépied qui arrive à 1,90 mètre, à hauteur d’œil c’est un peu complexe, donc je peux comprendre que vous alliez un petit peu en dessous. Simplement, il faut comprendre que ça va vous limiter un peu. Si vous avez une vue, mais qu’il y a un petit mur de pierres entre vous et le paysage et que le trépied est plus bas que le mur de pierres, eh bien, vous allez avoir du mal à photographier. Il va falloir être un peu inventif parfois, voire essayer de poser le trépied sur le mur de pierres directement, mettre une jambe par-dessus, enfin il y va parfois falloir être inventif et parfois ça ne marchera pas du tout.
Donc, évidemment, plus le trépied va être grand, plus vous allez avoir de possibilités.

Il y a aussi un autre critère, c’est la hauteur minimale, c’est à dire à quel point vous allez pouvoir le mettre près du sol. Alors, pour une simple et bonne raison, c’est que parfois vous allez avoir envie, à l’inverse, de faire des photos qui soient très près du sol, pour avoir un angle bas à l’ultra grand-angle, qui est souvent assez esthétique, pour photographier quelque chose qui est près du sol, si vous faites de la macro, vous pouvez aussi vouloir le mettre très très près du sol, donc, là, il faut voir quelle est la hauteur minimale du trépied.

Souvent, c’est aidé par le fait que les jambes puissent se plier à plusieurs angles. Vous avez un angle standard, on va dire, qui est en général de 45°, et puis parfois, les jambes peuvent se plier plus comme ça, voire quasiment à plat, c’est-à-dire quelque chose comme 5°, vraiment quasiment à plat. Dans ces cas-là, souvent, la colonne centrale peut bouger. C’est-à-dire qu’elle n’est pas seulement verticale, elle peut aussi bouger et se pencher en plus.
Ce sont des fonctions qui coûtent plus cher, évidemment, donc c’est toujours quelque chose de supplémentaire à prévoir dans le budget.
Si vous faites de la macro, pensez vraiment à avoir quelque chose qui puisse avoir une hauteur minimale très basse, très près du sol, parce que ça va être super important pour vous.

Pensez aussi à la hauteur “plié” du trépied, c’est à dire la hauteur une fois qu’il est complètement replié, parce que c’est un bon indicateur de son encombrement. Parce que, concrètement, quand vous allez le transporter sur le terrain, s’il est très grand, ça va être un peu embêtant, un peu gênant, donc plus il est compactable, mieux c’est.

En gros, il y a une chose principale sur laquelle vont jouer les constructeurs pour diminuer l’encombrement du trépied, c’est le nombre de sections des pieds. Les pieds, évidemment, sont repliables, et s’ils ont quatre sections plutôt que trois, en général, le trépied, une fois replié, sera plus petit puisque la longueur totale de la jambe sera divisée en quatre et pas en trois. Donc, forcément, il sera un peu plus petit.

La tête du trépied

Il y a deux principaux types de têtes, on va dire, c’est la tête 3D, qu’on appelle rotule aussi, ou les rotules ball.
Alors, c’est deux choses un petit peu différentes, dans le fonctionnement, ce n’est vraiment pas le même principe.

La rotule 3D, en gros, on va avoir trois petites vis différentes pour régler les trois axes.
Donc, comme ça, c’est-à-dire plus à votre gauche ou à votre droite, de haut en bas, pour regarder vers le haut ou vers le bas, et le fait de pencher l’appareil vers la droite ou vers la gauche.
Il existe également des rotules 2D où on ne peut pas pencher l’appareil comme ça ou comme ça, mais je vous le déconseille fortement parce que si jamais votre trépied n’est pas droit, ce qui arrive très souvent en paysage si vous avez un terrain un peu accidenté, ce qui est plus ou moins toujours le cas, il suffit d’un caillou à un endroit et que ça surélève un peu votre trépied, ça ne va pas être droit et pour le remettre droit, vous allez devoir régler vos pieds un à un pour réussir à avoir un truc droit, c’est l’enfer. Alors que si vous avez un petit plateau qui bouge comme ça, c’est très simple, vous faites ça d’un petit coup de vis et c’est super.
Donc je vous déconseille fortement les rotules 2D, c’est vraiment pas top, sauf peut-être pour la vidéo, mais bon, comme en rotule 3D on peut toujours bloquer évidemment le plateau qui sert à redresser l’appareil, c’est tout simple, vous n’avez qu’à le bloquer et l’utiliser pour la vidéo.

Donc il y a cette rotule 3D qui permet de régler indépendamment chaque axe, et la rotule boule, en fait, l’appareil est fixé sur une espèce de petite boule qui est fixée par une seule vis. Donc quand vous allez dévisser la vis, si vous ne tenez pas l’appareil, il va basculer sur le côté.

L’avantage, c’est que vous pouvez régler les trois axes d’un coup, en fait vous n’avez qu’à dévisser une vis, régler exactement comme vous voulez et revisser.
C’est plus rapide à la mise en place et ça peut être vraiment sympa, par exemple, si vous êtes en photo animalière, vous avez un gros téléobjectif sur un trépied et vous devez bouger très rapidement votre trépied, eh bien, vous n’avez qu’à juste dévisser, à replacer et à revisser, c’est assez rapide.

Le petit inconvénient, c’est qu’on manque de précision, à mon sens, puisque, typiquement en photo de paysage, je préfère utiliser une rotule 3D simplement parce qu’on peut d’abord régler exactement où on veut placer son cadre, et puis ensuite redresser un petit peu ou rabaisser un petit peu si on veut, et puis redresser pour avoir l’horizon droit. Voilà, on peut faire les choses précisément, tandis qu’avec une rotule ball, si on doit tenir l’appareil d’une main, le bouger exactement comme on veut dans les trois axes en même temps et ensuite resserrer, c’est un petit peu plus compliqué à mon sens, c’est un petit peu moins précis.